Les faits :

• Dans la nuit du 21 au 22 août 1933, Violette Nozière, 18 ans, empoisonne ses parents avec un barbiturique, et quitte le domicile familial. Violette s’enfuit. Son père meurt, sa mère survit. Violette est retrouvée, conduite auprès de sa mère hospitalisée. Elle s’enfuit de nouveau et devient la principale suspecte de l’empoisonnement.

• Violette s’explique : « Si j’ai agi ainsi, vis-à-vis de mes parents, c’est que, depuis six ans, mon père abusait de moi. Je n’ai rien dit à ma mère parce que mon père m’avait dit qu’il me tuerait, et qu’il se tuerait aussi. […] Je n’ai jamais parlé des relations que j’avais avec mon père, à aucun de mes amants, ni à personne. […] Il y a déjà deux ans que j’ai commencé à détester mon père, et un an que j’ai pensé à le faire disparaître (Archives de Paris, D2 U8 379, P.-V. de première comparution.) »

Mais, Violette n’est pas entendue, malgré des éléments de preuves. Son père est perçu comme un ouvrier modèle. La place du « Père » dans la société est centrale, héritée du paterfamilias latin. Elle ne peut être ébranlée.

• Condamnée à mort le 12 octobre 1934 après un procès expéditif pour lequel l’accusation de l’inceste n’a pas été retenue au terme de l’instruction judiciaire, alors que le commissaire enquêteur réclame les circonstances atténuantes.
• Son pourvoi en cassation est rejeté le 19 décembre 1934. Des journalistes comment à douter (cf. l’article « Peine de mort» dans Marianne du 19 décembre 1934).
• Sa mère envoie une demande de grâce au président Albert Lebrun. Lequel commue la peine de Violette Nozière en détention à perpétuité.
• En 1942, le Maréchal Pétain transforme la peine à 12 ans de travaux forcés à compter de la date de son incarcération en 1933.
• Elle est libérée le 29 août 1945, puis graciée par le général de Gaulle le 17 novembre.
• Réhabilitée le 13 mars 1963 par la cour d’appel de Rouen en raison de sa bonne conduite et de ses démonstrations d’expiation (non parce qu’elle a été victime d’inceste).
• Elle meurt le 26 novembre 1966 d’un cancer des os.

En 1978, Claude Chabrol adopte l’histoire pour le cinéma. Isabelle Huppert incarne la fille incestée qui s’est vengée en tuant son père.