Virilité

« […] la critique féministe, après avoir dénoncé le caractère aliénant des modèles traditionnels de féminité, s’est attachée, dans le courant des années 1970, à dissocier la masculinité des stéréotypes virils. En montrant que la virilité n’était pas un attribut naturel du mâle mais le fruit d’un ensemble de processus éducatifs et sociaux visant à perpétuer la domination masculine, ses détracteurs souhaitaient non seulement ouvrir un nouveau front dans la lutte pour l’égalité entre les sexes, mais également « donner des armes aux hommes désireux d’abandonner la parodie virile classique » et se libérer de ce « mythe terroriste »*. « (Ref. Arnaud Baudérot, « On ne naît pas viril, on le devient », Histoire de la virilité. La virilité en crise. (Dir. Jean-Jacques Courtine), Paris, Editions du Seuil. p.173. * Georges Falconnet et Nadine Lefaucheur, La fabrication des mâles, Paris, Suil, 1975. p.65.)

« D’apparence universelle, inaltérable, car inscrite naturellement dans le corps, la virilité n’aurait pas de quoi « faire histoire ». Et pourtant de l’Antiquité jusqu’aux Lumières (tome 1), puis tout au long du XIXe siècle (tome 2), les qualités de la virilité ont été mises en valeur de manière variable : supériorité, force et grandeur physiques autant que morales, en sont les valeurs constitutives. Entre les XXe et XXIe siècles (tome III), l’histoire de la virilité se dessine dans un horizon trouble, par une crise, à l’intérieur même d’une « zone de turbulences culturelles, un champ d’incertitudes, une période de mutation » (p. 10). » (Ref. Guérin, Laura. « Alain Corbin, Jean Jacques Courtine & Georges Vigarello (dir.), Histoire de la virilité : Tome 3, La virilité en crise ? Le xxe-xxie siècle, Paris, Éditions du Seuil, 2011, 566 p. », Corps, vol. 14, no. 1, 2016, pp. 185-190).