Travail domestique

« Dès la renaissance du mouvement féministe dans les pays occidentaux, entre 1968 et 1970, la question du travail ménager ou domestique est posée par les féministes qui affirment son caractère de travail. Trois décennies plus tard, on peut constater que, sur ce point, le féminisme a réussi, et que la perception du « travail de la maison » comme vrai travail n’est plus guère mise en cause dans la société. […] La double journée, c’est cela : les femmes françaises « actives » (ayant une activité rémunérée) et ayant entre un et trois enfants travaillent en moyenne huitante-trois heures par semaine. La question que l’on se pose dans les milieux féministes et que l’on appelle la question du « partage des tâches » est la suivante : comment faire pour que les hommes en fassent plus et les femmes moins, comment faire pour égaliser le temps de travail ménager des femmes et des hommes, donc pour réaliser l’égalité sur ce plan dans les couples hétérosexuels.  […]  À la théorie du « profit pour le capitalisme », j’oppose depuis longtemps celle du « profit pour la classe des hommes ». Ou, en d’autres termes, le travail ménager n’est pas une somme disparate de relations individuelles mais l’effet d’un mode de production, le mode de production patriarcal ou domestique. Qu’est-ce que le mode de production patriarcal ? C’est justement l’extorsion, par le chef de famille, du travail gratuit des membres de sa famille. C’est ce travail gratuit réalisé dans le cadre social – et non géographique – de la maison que j’appelle le travail domestique. » (Ref. : DELPHY Christine, « Par où attaquer le « partage inégal » du « travail ménager » ? », Nouvelles Questions Féministes, 2003/3 (Vol. 22), p. 47-71. DOI : 10.3917/nqf.223.0047. URL : https://www.cairn.info/revue-nouvelles-questions-feministes-2003-3-page-47.htm).

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